Espace d’Interpellation DÉMOCRATIQUE: Les Dirigeants Face aux Dirigés

l’Espace d’Interpellation Démocratique, EID et la Journée internationale de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, deux évènement organisés tous les 10 décembre. Une pratique qui décline le lien symbolique entre le respect des droits humains et les questions de gouvernance. Ce jour le Médiateur de la République facilite la rencontre entre l’Etat et les citoyens.

La 29e édition s’est tenue le mercredi 10 décembre au Centre international des conférences de Bamako (CICB). Sous la haute présidence du Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, Mamadou Kassogué, représentant le Premier Ministre, les travaux ont été lancés par Madame Sanogo Minata Mallé, Médiateur de la République. C’était en présence de Madame Diakité Fatoumata Diaye, ancienne Médiateur de la République et invitée d’honneur de l’édition. Plusieurs officiels y étaient présents.

À travers une projection vidéo, cette 29e édition a été une occasion pour bon nombre de Maliens de mieux comprendre l’évolution de l’EID, les avancées institutionnelles de la médiation et les défis à relever.

Selon le Médiateur de la République, l’EID est un cadre d’échange dynamique entre les gouvernants et les gouvernés. Les Ministres sont interpellés par les usagers sur les questions qui relèvent de la bonne gouvernance et de la promotion des droits de l’homme. L’objectif de l’EID est d’informer l’opinion publique, nationale et internationale, sur l’état des droits de l’homme en République du Mali, de contribuer de manière active et pédagogique au devloppement des structures éducatives nationales et d’impulser enfin, de manière significative la politique de protection et de promotion des droits de l’homme.

Pour cette 29e édition, 452 dossiers d’interpellation ont été retenus, dont 72,55 % d’hommes, 12,83 % de femmes et 14,60 % de personnes morales, affirme le Médiateur. Elle a ajouté que ces interpellations proviennent des délégations territoriales, du district de Bamako et de la diaspora. Elles ont principalement pour objet les litiges domaniaux et fonciers, les demandes de régularisation de situations administratives, la protection sociale, les contrats et marchés publics.

La commission préparatoire, réunie en octobre dernier, a, après dépouillement, classé les dossiers en trois catégories, selon Mme SANOGO Minata Mallé. Il s’agit de 24 dossiers retenus pour être lus, 340 retenus pour suite à donner, et 72 non retenus pour des raisons de non-conformité aux critères définis par le règlement intérieur de l’EID. « Il convient de noter que durant les travaux de dépouillement, 16 dossiers ont été satisfaits », a-t-elle ajouté.

Après la relecture des 24 dossiers, les Ministres concernés par les différents dossiers se sont expliqués. Le jury d’honneur, avec le professeur Kagnoumé Jean Bosco Konaré, écrivain et ancien député à sa tête, a formulé des pistes de recommandations. Il s’agit, premièrement, de la mise en place d’un mécanisme de suivi entre le Médiateur de la République et les départements ministériels. À cela s’ajoute la mise en place d’un mécanisme de protection financière des victimes, en particulier celles lésées dans l’exercice ou la jouissance de leurs droits. Le jury d’honneur a également recommandé une vigilance accrue dans le cadre de la qualité rédactionnelle des textes législatifs et réglementaires et leur adoption. S’y ajoutent la poursuite disciplinaire et pénale contre tout agent de l’État ou des collectivités territoriales impliqué dans les manifestations foncières, ainsi que des actions récursoires en cas de condamnation pécuniaire de l’État ou de ses démembrements. Quant au ministère de la Santé et du Développement social, le jury a recommandé de prendre des mesures fermes et diligentes dans la gestion des dossiers des assurés sociaux.

Le Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, Mamadou Kassogué, a reconnu à son tour que ces fortes recommandations formulées lors de cette édition témoignent du respect des droits de l’Homme et de la dignité humaine par l’État malien. Face à la récurrence des litiges domaniaux et fonciers, comme relevé par les travaux de dépouillement, le Garde des Sceaux indique que le Président de la Transition a annoncé la création du Pôle national foncier. Sur le même sujet, il précise que la mise en place du Système intégré de gestion des ressources humaines (SIGRH) contribuera à corriger plusieurs dysfonctionnements relevés dans l’administration publique.

Mamoudou Kassogué a également assuré que les recommandations feront l’objet d’un examen minutieux en vue de leur mise en œuvre intelligente par le gouvernement et ses démembrements. Il est également important de rappeler que le Premier Ministre, par décision du 2 septembre 2025, a institué une commission d’appui chargée de la mise en œuvre des recommandations de l’EID.

Avec une exécution stricte des différentes recommandations issues de l’Espace d’Interpellation Démocratique EID, la population malienne bénéficierait d’une plus grande implication citoyenne, d’une justice plus équitable et de services publics plus efficaces.

Fatoumata koné