
La Maison de la Presse a franchi un cap majeur ce vendredi 4 septembre 2026 en son siège. Répondant à la demande de l’Union nationale des Journalistes du Mali (UNAJOM), cette organisation faîtière a officialisé la mise en place d’une commission ad hoc pour réviser la Convention collective de la Presse au Mali. Cette équipe de six professionnels a une feuille de route précise. Elle devra évaluer le texte actuel, consulter l’ensemble des acteurs du secteur et bâtir un projet révisé et consensuel.
L’événement a mobilisé l’ensemble des composantes de l’écosystème médiatique national : responsables d’associations professionnelles, directeurs de publication et acteurs de terrain. Réunis autour d’un constat partagé sur les fragilités du secteur, les participants ont abordé cette rencontre avec la volonté de poser un diagnostic clair et de tracer les lignes d’un sursaut collectif.
Ouvrant les échanges, le président de la Maison de la Presse, Bandiougou Danté, a tenu à rappeler la mission de l’institution. Définissant la Maison de la Presse comme une entité publique d’intérêt général et non comme une organisation patronale ou un secteur exclusif, il a exhorté l’ensemble des acteurs à l’unité. Face aux difficultés chroniques du secteur, M. Danté a invité toutes les associations professionnelles (presse écrite, radio, télévision et presse en ligne) à une mobilisation collective, tout en exprimant sa solidarité envers les confrères privés de liberté.
Selon le président de la Maison de la Presse, la quasi-totalité des crises actuelles découle des évolutions technologiques et de l’essor des réseaux sociaux, qui ont profondément bouleversé les repères traditionnels. Pour y répondre, Bandiougou Danté préconise l’adoption d’une réponse stratégique globale adaptée à la diversité de tous les supports médiatiques, couplée à la mise en place d’un mécanisme d’autorégulation indépendant et professionnel. Élaboré par des experts en concertation avec les organisations de presse, ce dispositif vise à régler les litiges déontologiques en interne et à prévenir ainsi toute poursuite judiciaire contre les journalistes.
Six professionnels des médias
Pour mener à bien cette réforme cruciale, la conduite de la commission a été confiée à des figures d’expérience du paysage médiatique : Abdoulaye Séga Diabaté à la présidence, épaulé par Assane Koné au poste de rapporteur général. L’équipe est complétée par Dado Camara, Boubacar Yalcoué, Mamoudou Bocoum et Boubacar Kanouté, tous chargés de synthétiser les attentes de la profession.
Prenant la parole à son tour, le président de la commission, Abdoulaye Séga Diabaté, a précisé le contexte de sa mission. Il a rappelé que la convention collective de 2009 n’a jamais été appliquée faute d’appui étatique. Aujourd’hui, l’expansion des médias sociaux rend sa révision incontournable pour moderniser le cadre de travail et améliorer la protection sociale des professionnels des médias.
L’équipe dispose d’un délai de 90 jours (soit 12 semaines) pour livrer son projet. Selon M. Diabaté, la réussite de cette entreprise reposera sur deux défis majeurs : bâtir un consensus solide entre tous les acteurs du secteur et obtenir l’accompagnement ferme des autorités de l’État pour garantir l’application effective du futur texte. Le chronomètre est lancé. La commission dispose désormais de trois mois pour offrir aux journalistes maliens un cadre protecteur, moderne et enfin applicable.
Bagna MAÏGA