‎Ce samedi 12 septembre 2026, l’Association des Éditeurs de Presse privée (ASSEP), le Groupe Patronal de la Presse (GPP) et l’Union Nationale des Journalistes Éditeurs de Presse (UNAJEP) se sont réunis en Assemblée générale extraordinaire au siège de l’ASSEP. L’ordre du jour portait sur un thème stratégique : « Échange sur la préfiguration de l’organe d’autorégulation des médias et la relecture de la convention collective ».

‎Dans un secteur confronté à de lourds défis économiques et à des mutations structurelles majeures, le besoin d’une posture concertée s’est imposé avec urgence au sein de la presse écrite privée. C’est dans ce cadre que l’ASSEP, le GPP et l’UNAJEP ont réuni leurs bureaux respectifs, soutenus par la présence remarquable des anciens présidents, des doyens de la profession et des directeurs de publication.

Cette mobilisation exceptionnelle visait à poser un diagnostic clair et à harmoniser les positions de la profession autour de deux chantiers décisifs. Il s’agit de la création du futur organe d’autorégulation des médias et l’actualisation d’une convention collective inchangée depuis 2009.

‎Ouvrant le chapitre des prises de parole, le président de l’ASSEP, Boubacar Yalcouyé, a tenu à lever tout malentendu sur la position de son organisation : « L’ASSEP n’est pas opposée à l’autorégulation. Bien au contraire, nous sommes demandeurs d’un véritable mécanisme d’autorégulation de la presse. Nous émettons des réserves sur la démarche et non sur le principe. Nous voulons un Conseil de la presse qui soit véritablement l’émanation de la profession, construit dans la concertation. »

‎Abordant ensuite le volet social, le président Yalcouyé a rappelé que les règles de dénonciation prévues par les textes n’avaient pas été respectées concernant la convention collective. Il a à ce titre insisté sur l’urgence absolue d’assainir au préalable la situation financière suffocante qui asphyxie aujourd’hui les entreprises de presse.

‎Prenant la suite des échanges, le président du GPP, Alexis Kalambry, a contextualisé les raisons de cette mobilisation commune. Il a indiqué que la volonté de la Maison de la Presse de mener des réflexions sur l’autorégulation imposait aux patrons de presse de se concerter pour analyser sans complaisance leurs conditions d’exercice.

‎Dressant un constat sévère sur l’environnement institutionnel, le président du GPP a conclu son intervention en dénonçant sans détours : « Nous avons examiné ensemble le cadre d’exercice de la profession de journaliste et nous avons déploré tout ce qu’il y a comme faiblesses et manquements de l’État. »

‎À l’issue des travaux, l’ASSEP, le GPP et l’UNAJEP ont scellé une union sacrée pour porter d’une voix commune les grands enjeux de la presse écrite privée. Il s’agit d’adhérer au principe d’un organe d’autorégulation et à la révision de la convention collective de 2009. Ce qui exige une démarche inclusive, le respect des procédures et une prise en compte réaliste de la précarité économique des entreprises.

‎La préservation de la confraternité, l’assainissement du cadre économique et la structuration de l’autorégulation constituent désormais le cap partagé pour bâtir ensemble ”une presse libre, responsable et professionnelle”.

‎Bagna MAÏGA

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