Bamako, Bougouni et Koulikoro sont les villes choisies dans le cadre de cette première édition pour accueillir les visiteurs locaux. Le gouvernement malien, à travers le ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, dédie le mois de septembre au tourisme interne. L’initiative s’inscrit dans le cadre de l’année de la culture et de l’éducation.

Le lancement des activités de cette première édition a eu lieu jeudi après-midi au Musée national de Bamako. La cérémonie s’est déroulée en présence du ministre en charge de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, accompagné de ses homologues de la Refondation, des Transports et des Infrastructures, de l’Environnement et de l’Assainissement, ainsi que de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille. On notait également la présence du conseiller spécial du président de la Transition, chargé des œuvres sociales, Aguibou Dembélé et plusieurs ambassadeurs accrédités au Mali.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte de redynamisation d’une filière touristique fragilisée par l’insécurité depuis plus d’une décennie. Le thème de cette édition 2026 est : « Le tourisme interne, vecteur de renforcement et de patriotisme ». Tout au long du mois de septembre, le programme prévoit des excursions dans plusieurs localités du pays, notamment à Koulikoro et Bougouni, dans le cadre de l’initiative « Les Maliens visitent le Mali ».

« Le tourisme n’est pas uniquement destiné aux internationaux. Il constitue également un cadre permettant de découvrir la géographie locale, de favoriser l’intégration intercommunautaire et la cohésion, mais surtout de dynamiser l’économie nationale », a souligné M. Daffé. Selon le ministre, cette initiative vise à faire du tourisme un facteur essentiel de fierté nationale, de patriotisme et un vecteur de développement. « Quand le tourisme interne est dynamisé, cela soutient fortement l’économie locale », a-t-il déclaré.

À travers ce mois, le Mali célèbre sa culture dans toute sa diversité et sa résilience. C’est l’occasion de mettre en lumière tous ceux qui font vivre le secteur : guides, artisans, hôteliers, restaurateurs, artistes, exposants, transporteurs, agences de voyages et communautés locales. Voyager au Mali, c’est découvrir une histoire et faire vivre son pays ; c’est contribuer à bâtir son avenir.

Ce mois dédié au tourisme au Mali s’inscrit dans la valorisation de nos produits locaux, avec des actions axées principalement sur trois entités administratives : le district de Bamako et les régions de Bougouni et de Koulikoro.

Le choix porté sur Bougouni a tout son sens, car cette ville accueillera le Mali en 2027 dans le cadre de la Biennale artistique et culturelle. Cette initiative donnera un coup d’accélérateur à la découverte de la région. Cette sortie, qui rassemble l’ensemble des acteurs du tourisme, consistera en deux jours d’immersion dans la capitale du Banimonotié pour explorer ses sites et ses potentialités.

Selon Mamary Diarra, directeur national du Tourisme, la visite à Koulikoro se déroulera du 25 au 27 septembre. Elle mobilisera toutes les couches socioprofessionnelles pour sillonner les sites du Méguétan et de ses environs. Il a également annoncé une conférence-débat le 28 septembre qui sera animée par des experts autour de thématiques d’actualité : « Numérique et intelligence artificielle » et « Le tourisme interne, vecteur de promotion de l’économie locale et du renforcement du patriotisme ».

Les trois ambassadeurs de cette première édition ont été présentés lors de la cérémonie. Il s’agit de Sékou Dolo, ancien chef du bureau du tourisme de Sangha et consultant en tourisme ; Seydina Diallo, PDG du groupe Kamankolé Palace et Tiémoko Dembélé, PDG du groupe Bambara Tour.

Pour M. Dolo, les guides sont de véritables ambassadeurs de la nation. Ils partagent l’histoire, la culture, l’artisanat et les valeurs du Mali. « Mieux vaut se connaître soi-même que de connaître autre chose. Si aujourd’hui le tourisme est paralysé, c’est parce que nous n’avons pas développé le tourisme national », a-t-il affirmé. Il regrette également regrettant de voir que les agences de voyages n’aient pas suffisamment adapté leurs tarifs au budget du citoyen malien moyen.

Pour Assan Halbalawi, ambassadeur de Palestine au Mali, il s’agit d’une excellente initiative qui s’inscrit dans le cadre de l’année de la culture et de l’éducation. Il a souligné l’importance de cette activité pour promouvoir la culture dans sa diversité et sa richesse, rappelant que le tourisme renforce la cohésion nationale et affirme la souveraineté.

Mme Diarra Djènèba Sanogo, ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, considère ce cadre comme la meilleure option pour atteindre les objectifs fixés par les plus hautes autorités, en cohérence avec la vision du Mali à l’horizon 2033. Ce programme permet aux populations de renouer avec leur histoire, de comprendre la genèse des sites visités et de s’approprier les richesses du pays. « La meilleure des connaissances demeure la connaissance de soi. Le Mali est sur cette voie pour consolider sa souveraineté », a-t-elle conclu.

Le tourisme est une passerelle entre les peuples, un facteur de développement, un instrument de valorisation de notre identité et un puissant vecteur de cohésion sociale.

Ali SANKARÉ

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *